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 Sagesse cachée des contes et légendes

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Athanor08

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MessageSujet: Sagesse cachée des contes et légendes   Mer 18 Aoû - 21:24

Chers amis disciples d'Hermès,

Tous les passionnés d'alchimie savent que bon nombre de fables, contes, légendes et récits mythologiques peuvent avoir une interprétation alchimique. Je me suis un jour posé la question: en serait-il de même pour nos contes et légendes modernes? Et la réponse a été surprenante! Voici ci-après, à titre d'exemple, une courte analyse d'une bande dessinée, Le pays maudit, une aventure de Johan et Pirlouit, du dessinateur Peyo. Sachant que certains dessinateurs sont assez (et même très) chatouilleux en ce qui concerne les droits d'auteur et l'utilisation de leurs dessins, je n'ai pas voulu publier ici des illustrations tirées de cette BD. Mais vous trouverez facilement cet album "dans toutes les bonnes librairies", selon l'expression consacrée.

Tout d'abord, Johan et Pirlouit, accompagnés du roi et d'un schtroumpf, doivent se frayer un chemin à travers une forêt impénétrable. Cette forêt est vierge: elle n'a visiblement jamais connu la main de l'homme. C'est la forêt originelle, primitive, qui couvrait autrefois toute la Gaule et à ce titre, elle est symbolique et sans doute aussi magique. Brocéliande n'est pas loin. On pourrait voir dans cette forêt inextricable le symbole du cahos originel ou bien de la matière première brute qu'il faut dégrossir mais c'est peut-être aussi un symbole du pouvoir de la Pierre. Les alchimistes n'affirment-ils pas que leur Art permet de rendre les métaux végétatifs?

Après être sortis de cette forêt, nos héros vont devoir subir les épreuves des quatre Eléments.
Ils doivent premièrement traverser un marécage, dans lequel Johan s'enlise et manque de se noyer; juste après la sortie dudit marécage, Pirlouit s'endort et fait un rêve dans lequel il se voit submergé par les flots: voici pour l'épreuve de l'Eau. Ensuite, ils doivent traverser un désert brûlant dans lequel ils seront bien près de mourir de soif. Ceci est pour l'épreuve du Feu. Vient ensuite l'épreuve de l'Air: ils vont s'élever dans les airs puisqu'ils devront grimper dans la montagne et on les verra notamment franchir un précipice, suspendus à une simple corde. Par la suite, arrivés au pays maudit, ils devront s'aventurer dans une grotte pour libérer les schtroumpfs et capturer celui qui les a réduits en esclavage; ceci est l'épreuve de la Terre.

Après avoir triomphé de ces quatres épreuves, il leur reste l'ultime épreuve: vaincre le fameux "schtroumpf qui schtroumpfe du schtroumpf", c'est à-dire le dragon qui crache du feu. Après quoi, le Grand Schtroumpf leur offrira le trésor récolté par les schtroumpfs: des diamants.

Notez tout d'abord que ce dragon s'appelle Fafnir, nom qui n'a pas été choisi au hasard car dans la mythologie nordique, Fafnir est un dragon possesseur d'un fabuleux trésor (qui a été extorqué à un nain, tout comme les diamants sont extorqués aux schtroumpfs). L'or des Nibelungen gardé par Fafnir est devenu chez Peyo les diamants des schtroumpfs. Le diamant est, selon Dom Pernety, le symbole de l’Oeuvre au blanc. Rappelons ici que les diamants sont composés de carbone pur. Dans la Nature, le carbone se trouve partout mais le diamant est très rare.

Examinons maintenant la façon très particulière dont ce dragon, qui est invulnérable, va être vaincu: Fafnir est dangereux parce qu'il recèle en lui un feu interne, qui fait sa force et qu'il va falloir éteindre. Tout apprenti alchimiste sait évidemment que la matière première est parfois nommé dragon écailleux et qu'elle contient un puissant feu interne.

Pour arriver au feu, le Grand Schtroumpf doit pénétrer à l'intérieur du dragon, c'est-à-dire dans un lieu clos et chaud; le Grand Schtroumpf parlera d'ailleurs d'une "vraie fournaise". Ceci est bien sûr à rapprocher du mythe de Jonas et de la baleine, fable dont le sens hermétique est évident.

Jung a établi une comparaison entre l'alchimie et le mythe de Jonas. Tous les philosophes le disent: la matière première doit d'abord passer par le stade de la putréfaction avant d'arriver au stade supérieur de la Pierre philosophale. C'est un des thèmes majeurs de la littérature hermétique, qui a été représenté de diverses manières dans l'iconographie alchimique. Le mythe de Jonas, qui est avalé par une baleine et séjourne plusieurs jours dans son ventre avant d'en ressortir, n'en est qu'une des variantes. Jung lui donne bien sûr une interprétation psychologique. Ainsi qu'il nous le dit dans son ouvrage Psychologie et Alchimie, ce mythe symbolise la plongée de l'esprit conscient dans les régions profondes de l'inconscient. Cette descente n'est pas sans risques car on ne sait pas trop ce que peut receler cet inconscient, mais elle peut faire naître une vie féconde dans la psyché obscure et déboucher sur un enrichissement de la vie intérieure: «Le mythe du héros connaît cet engloutissement dans le ventre de la baleine ou du dragon: il y règne généralement une telle chaleur que le héros en perd ses cheveux, c'est-à-dire qu'il renaît chauve au monde, en tant que nourrisson. Cette chaleur est le ignis gehennalis (feu infernal), l'enfer, dans lequel le Christ est lui aussi descendu pour triompher de la mort, ce qui fait partie de ses opera (œuvres).»
Dans le cas présent, le passage du Grand Schtroumpf dans ce lieu clos et chaud qu'est notre dragon ne va pas le faire renaître mais il y aura tout de même une naissance, celle d'une source, et ceci est encore un symbole alchimique.

Le Grand Schtroumpf doit aller jusqu'à l'estomac du dragon pour y éteindre le feu, ce qu'il va faire en y faisant jaillir une source, au moyen d'un morceau du bâton magique de l'enchanteur Homnibus. Il faut donc frapper le dragon avec un bâton pour en faire jaillir de l'eau. Et que nous dit Fulcanelli? C'est que «L'épée qui ouvre le rocher, la verge de Moïse qui fait jaillir l'eau de la pierre d'Horeb, le sceptre de la déesse Rhéa, le javelot d'Atalante sont un seul et même hiéroglyphe.»

Ce dragon transformé en fontaine rappelle aussi le symbole de la fontaine sortant du chêne creux, fontaine évoquée dans cet extrait de La Clef du Cabinet Hermétique, un manuscrit anonyme du XVIIIème siècle: "Flamel nous en fait une peinture assez juste, dans les Figures d'Abraham le Juif, il nous dépeint un vieux chesne creux, d'où sort une fontaine, et de la mesme eau un jardinier arrose les plantes et les fleurs d'un parterre… Presque tous les Philosophes ont parlé de ce vaisseau absolument nécessaire pour cette opération. Philalèthe le décrit par la fable du serpent Python, que Cadmus perça d'outre en outre contre un chesne." Serpent ou dragon, il y a toujours un monstre à vaincre!

Remarquons que l'eau que produit le bâton magique est salée. Il faut donc en quelque sorte saler le dragon pour le vaincre! Ceci, je pense, se passe de tout commentaire. Rappelons simplement que dans la légende de Saint-Nicolas, autre légende à sens hermétique, les enfants sont tués, découpés et mis au saloir!

Et c'est ainsi que notre dragon se retrouve transformé en source vivante. Il se montre maintenant un serviteur docile, qui fait tout ce qu'on lui commande, ce qui va faciliter grandement la suite des opérations: le retour au château du roi sera bien plus facile et plus rapide que l'aller puisqu'il se fera en vol à dos de dragon. Cela pourrait faire penser à ce stade de l'Œuvre que les alchimistes qualifient de "jeu d'enfants" parce qu'il est facile.

Ce retour ne sera cependant possible qu'en abandonnant au pays maudit les sacs de diamants (au grand désespoir de Pirlouit) car le dragon ne peut porter tout le monde plus les diamants. Mais le sage ne doit-il pas apprendre à se détacher des richesses? Le but du Grand Œuvre n'est d'ailleurs pas de fabriquer de l'or mais d'obtenir la Pierre philosophale. Les alchimistes disent du reste, en parlant de l'or, que "Si tu sais en faire, tu n'en as plus besoin!"

Enfin, pour terminer, un dernier détail fort intéressant car significatif: au début du voyage vers le pays maudit, le roi s'arrête quelques instants pour cueillir des fleurs mais pas n'importe lesquelles: il cueille des violettes, une fleur bien connue des alchimistes car la violette, ainsi que nous le dit Fulcanelli dans Les Demeures philosophales, est la "première fleur que le sage voit naître et s'épanouir au printemps de l'œuvre, transformant en une couleur nouvelle la verdure de son parterre…"

Tous ces éléments tendent à démontrer que le voyage vers le pays maudit tel que nous l'a présenté Peyo a un sens symbolique. Nous avons vu qu'il y a dans ce voyage les épreuves des quatre Éléments. Mais il y a encore autre chose qui démontre qu'il s'agit d'un voyage totalement symbolique. Dans ses albums, Peyo n'a jamais situé précisément le royaume dans lequel vivent Johan et Pirlouit, ni dans l'espace ni dans le temps. Nous sommes au Moyen-Âge mais nous ne savons pas exactement dans quel siècle; nous ne savons pas non plus de quel royaume il s'agit ni sous quel nom règne son roi. Mais d'après les paysages et les quelques toponymes (imaginaires) que l'on trouve dans les albums de Johan et Pirlouit, nous pouvons avec certitude situer ce royaume en Europe occidentale, et plus précisément en France, vraisemblablement en Île-de-France ou dans une région voisine. Or il n'existe pas, dans cette région de l'Europe, d'endroits où l'on puisse, en quatre jours de voyage à pied, traverser une forêt impénétrable, un marécage, un désert et enfin des montagnes. Le voyage accompli par nos héros ne correspond donc à rien de réel: il est bel et bien purement symbolique. Elément supplémentaire qui confirme ce caractère symbolique: ils partent sans nourriture ni équipement spécifique, alors que l'enchanteur Homnibus les a pourtant prévenus de l'extrême difficulté de ce voyage.

Considérons maintenant la durée de l'aventure. Il faut un jour pour aller du château du Roi jusque chez l'enchanteur Homnibus et à partir de là, quatre jours pour arriver au pays maudit. Nos héros se retrouveront bloqués dans la grotte trois jours avant de trouver le moyen de vaincre le dragon. Ils repartiront ensuite le lendemain, sur le dos dudit dragon, pour enfin arriver dans la soirée en vue du château royal. Au total, le voyage a donc duré neuf jours. Or c'est précisément la durée du Grand Œuvre quand on travaille en voie sèche: Fulcanelli déclare en effet, dans un chapitre des Demeures philosophales, que l'Oeuvre dure huit à neuf jours.

Je ne sais toutefois s'il faut accorder beaucoup d'importance à la durée du voyage de Johan et Pirlouit car les philosophes ne sont pas tous d'accord sur la durée de l'Oeuvre. Le grand Fulcanelli lui-même se contredit car il nous déclare dans un autre chapitre du même traité que tout l'Oeuvre s'effectue en 4 jours! Ou peut-être a-t-il voulu parler dans un cas de la Voie sèche et dans l'autre de la Voie brève? Dans son traité L'Œuvre au blanc, l'alchimiste Joseph Ricordeau évoque aussi cette voie brève qui dure quatre jours. Il faut dire à ce sujet que les philosophes ne sont pas unanimes à propos de ces voies: certains semblent considérer que voie sèche et voie brève ne sont que deux noms différents pour une seule et même voie mais pour d'autres, il s'agit bien de deux voies différentes (même si elles ne sont pas fondamentalement dissemblables).

Quoi qu'il en soit, nous pouvons noter que Peyo a intégré ces deux durées dans son récit: neuf jours au total pour le voyage aller-retour à partir du château royal et quatre jours pour le voyage proprement dit de chez l'enchanteur jusqu'au pays maudit. Je ne compte pas la journée de voyage jusque chez Homnibus car à ce moment-là, Johan et Pirlouit ne savent pas encore qu'ils ne pourront pas bénéficier de la magie de l'enchanteur et qu'ils devront effectuer physiquement le voyage. C'est chez Homnibus qu'ils décident de se rendre au pays maudit par leur propres moyens. Le véritable voyage vers le pays maudit ne dure donc bien que quatre jours.

En définitive, que conclure de ce petit exercice d'exégèse auquel je viens de me livrer? A vrai dire, je n'en sais rien et c'est cela qui est amusant! En tant que dessinateur d'histoires se passant au Moyen-Age, Peyo devait être documenté sur cette époque et avait évidemment entendu parler de l'alchimie; elle apparaît à plusieurs reprises dans son oeuvre par le biais de personnages qui la pratiquent: l'enchanteur Homnibus, l'alchimiste Démétrius, le Grand Schtroumpf, le sorcier Gargamel, Pirlouit… Mais Peyo connaissait-il vraiment l'alchimie? Je n'ai pas de réponse à cette question et je me contenterai de dire pour le moment qu'il semblait avoir une bonne connaissance de la symbolique.

Bien sûr, on pourrait dire que les contes, histoires et légendes prennent leur source dans notre inconscient collectif et que c'est la raison pour laquelle on retrouve toujours les mêmes thèmes et les mêmes symboles dans presque toutes les histoires. Cette explication n'est sans doute pas fausse: le processus de création d'œuvres littéraires ou artistiques fait appel à l'inconscient; c'est certain. Cependant, lorsque les éléments symboliques se multiplient dans une histoire, qu'en outre ils s'agencent selon un certain ordre, il est évident que c'est bien le résultat d'une volonté délibérée de l'auteur. La symbolique présente dans le récit de Peyo semble logique et cohérente; pour nous, il ne fait aucun doute qu'elle est volontaire.

Athanor08
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Korrigan

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MessageSujet: Re: Sagesse cachée des contes et légendes   Dim 24 Oct - 10:35

(je re-découvre se forum et tombe sur ton post)

Bonjour Athanor08,

Superbe analyse, un vrai régal !!! ...

et (de mémoire, je ne trouve plus cette BD) ce dragon était (ou non ?) enchainé (fixe) il me semble et devient volatil après (libération) être devenu la fontaine salée, non ?
Je vois en ce passage l'ouverture vers les multiplications de la pierre devenue la fontaine salée, semblable à la Mer qu'il faut trouver pour débuter l'œuvre... en effet comme tu le signales, par le "retour", ce dragon "domine" tout l'œuvre...

permets que je me copie ton post pour mes petites docs perso Very Happy

un grand merci,
Korrigan
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Athanor08

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MessageSujet: Re: Sagesse cachée des contes et légendes   Sam 30 Oct - 20:20

Merci pour ton appréciation, mon cher Korrigan.

Je ne peux que te conseiller de relire l'album de Peyo (car il est fort possible qu'il y ait encore d'autres éléments symboliques qui m'ont échappé. Pour le moment, je ne peux pas approfondir ce sujet car je travaille sur une autre oeuvre, très, très connue. La publication de mes découvertes est pour bientôt).

Dans l'histoire de Peyo, le dragon Fafnir n'est pas enchaîné ni prisonnier. C'est un dragon ailé, pouvant voler mais il a un maître, l'infâme Monulf, qui a réduit les schtroumpfs en esclavage.

Personnage fourbe et méchant, Monulf est un Juif (Il jure en hébreu mais comme l'hébreu pour moi, c'est du chinois Mr. Green , je ne sais pas ce que Peyo lui a fait dire). Il n'en fallait pas plus aux beaux esprits éclairés pour taxer Peyo d'antisémitisme! Mais du point de vue symbolique, quand on parle de Juifs, on pense tout de suite à la Kabbale. Si on ajoute à cela le fait que Monulf sait se servir du dragon puisqu'il en est le maître et que le dragon lui obéit, on pourrait voir dans la présence de ce personnage qui est Juif encore un message symbolique de Peyo.
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Gabriel
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MessageSujet: Re: Sagesse cachée des contes et légendes   Dim 12 Déc - 21:46

C'est très intéressant cette analyse. Et tu manies la plume de façon admirable.
Es-tu allé faire un tour sur www.andounna.org ?

_________________
"Tous les pays qui n'ont plus de légendes seront condamnés à mourir de froid..."        
  Patrice de la Tour du Pin

www.andounna.org

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Athanor08

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MessageSujet: Re: Sagesse cachée des contes et légendes   Lun 13 Déc - 21:51

Merci pour le compliment!
Je vais répondre comme le Grand Pas-Sage Ebouriffon (Dans Olivier Rameau - je suis abreuvé de BD depuis que je suis petit): "N'applaudissez pas, ce n'est qu'un don, aucun mérite."
Mais il est vrai que j'adore écrire; je me sens très à l'aise devant une feuille (ou un écran, il faut bien s'adapter à notre époque) blanche.
Je vais de ce pas faire une visite sur ce site que je ne connaissais pas encore!
Athanor08
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Athanor08

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MessageSujet: Re: Sagesse cachée des contes et légendes   Sam 8 Jan - 21:39

Renseignements obtenus auprès de quelqu'un qui connait l'hébreu, les jurons de l'infâme Monulf se rapportent aux démons: Page 37 de l'ancienne version non expurgée, la seule, la vraie, il dit "Baal" et "Asmadai", soit Asmodée. Et en page 40, il dit "Baalzout", ce qui semblerait être une déformation de Belzébuth, à moins que Peyo n'ait commis une faute dans l'orthographe.
Y a-t-il une relation avec l'alchimie? Je n'en sais rien. "Asmadai" a notamment le sens de destruction, ce qui pourrait donc s'assimiler à la putréfaction mais je ne peux en dire plus pour l'instant.
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MessageSujet: Re: Sagesse cachée des contes et légendes   

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