Traduction par Dominique Guillet d'un essai de John Lash "Tree Nymphs and Tree-Hung Shamans. 1. The Myth of Adonis".
Chapitre 17
Le monothéisme commence avec un dieu qui hait les arbres.
“Vous détruirez tous les lieux où, dans les nations que vous posséderez, servent leurs dieux, sur les hautes montagnes, sur les collines, et sous tout arbre vert. Vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs statues, vous brûlerez au feu leurs idoles, vous abattrez les images taillées de leurs dieux, et vous ferez disparaître leurs noms de ces lieux-là.” (Deutéronome, 12:2-3).
Le Démiurge de l'Ancien Testament est jaloux et il exige que nul autre dieu ne soit honoré en sa présence. Cette requête implique, logiquement, qu'il existe d'autres dieux, des divinités concurrentes. Ce sont les divinités Païennes qui animent toute la nature et qui se manifestent dans toutes sortes de créatures, dans les nuages et dans les rivières, dans les arbres et même dans les roches. Le monothéisme ne peut tolérer aucune de ces forces immanentes du monde sensible. Il dépouille la Terre de toutes ses divinités et il assujettit ses habitants à un souverain extraterrestre.
N'est-il pas étrange que la divinité biblique, qui revendique d'avoir créé le monde naturel, interdise à l'humanité d'honorer son oeuvre? Ce qui serait considéré comme relativement pervers, d'un point de vue humain, de la part d'un artiste d'exiger que l'on adore exclusivement sa propre personne, au lieu de son oeuvre, passe pour parfaitement normal avec ce dieu arrogant. Le tempérament capricieux et colérique de Yahvé trahit une insécurité profonde car, s'il faut en croire le mythe Gnostique, ce dieu est un fumiste, un imposteur violent et dément. Un érudit du Gnosticisme le décrit comme une brute renfrognée et maussade, encline à des accès de rage, qui “régente un gang de sbires angéliques, de gouverneurs (archontes)... et qui impose sa règle en tous lieux à la manière classique d'un tyran pathétique”. Le Démiurge, et sa légion de drones planétaires, constituent une parodie des Écritures Juives mais cela n'est pas tout. A l'image de la métaphore de la Prison de Fer Noir évoquée par Philip K. Dick, les Archontes représentent la prise au piège métaphorique de l'esprit humain par ses illusions auto-créées.
La meilleure façon de vaincre le patriarcat, c'est de défier sa narration auto-légitimante et de s'en désengager.